Aventure en Taxi-Brousse! (BENIN)

Des taxis pourris en Afrique, malheureusement, c’est monnaie courante. A vrai dire, j’en ai pris des tas et des tas d’entre vous on du en prendre un paquet!

Mais pourtant, une anecdote, une aventure même, me revient souvent en tête:

Nous sommes en 2006 au mois d’aout si je ne me trompe pas. Je suis avec Yannick à qui je fais visiter le sud du Bénin. Après un séjour à Abomey, nous avons passé quelques jours dans les collines de Dassa. Voilà le jour où nous devons rentrer à Cotonou.

Dassa-Cotonou se fait normalement sans problème dans la journée. (230 km)
Dans la matinée, tranquillement, nous prenons un taxi brousse direction Bohicon. Tout le monde embarque dans un 504 break (comme on en trouve à la pelle en Afrique de l’Ouest). Tout le monde c’est 11 personnes pour 7 places. Jusque là, rien d’anormale. Mais on ajoute à ça trois passagers sur le toit. A tout ce paquetage vous pouvez encore ajouter baguages, marchandises et quelques chèvres…

Mais me direz-vous, on en a vue d’autres, et c’est vrai.

Mais attendez la suite !

Au moment de démarrer le chauffeur nous informe : « la voiture n’a pas de démarreur ». Pas de problème, le chauffeur sort ainsi que le passager avant droit, sans oublier nos camarades déjà confortablement installés sur les bagages du toit. Tout ce beau monde se met à pousser le véhicule qui démarre dans un bruit fracassant. Et hop tout les pousseurs remontent à bord !

C’est parti et woummmm woummmm chante l’embrayage qui patine sans arrêt… Sous mes pieds, à travers les troues de la carrosserie je vois la route et les nids de poule défiler. Espérons qu’il ne pleuve pas, il n’y a plus de fenêtre, ni même de poigné, c’est le chauffeur qui a fermé derrière nous. ..

Après quelques kilomètres, un policier au bord de la route fait signe ! Non sans difficulté, notre véhicule fini tout de même à s’arrêter quelques dizaines de mètres après l’agent. Nos trois compagnons logés sur le toit sautent alors comme des gazelles et disparaissent en un éclair dans la brousse. La moitié des passagers descendent alors du véhicule se dirigeant vers le policier qui n’a pas l’air très content…
Après 10 minutes de négociassions et quelques pièces, le chauffeur appuyé par les passager a enfin le droits de reprendre la route et d’amener sa marchandises (dont nous) à destination… ou pas !

Et oui, le taxi peut être chargé tant qu’on veut mais attention sécurité oblige, personne sur le toit !

Et rebelote, quelques bras descendent repousser le véhicule afin de le faire démarrer… Et c’est repartis woummm woummm chante de nouveau l’embrayage.
Enfin nous allons peut-être atteindre bohicon qui se trouve qu’à une centaine de  kilomètres de Dassa. Mais c’est sans compter sur la ténacité de nos ex compagnons du toit qui, d’un coup, surgissent de la brousse au bord de la route.
Croyez-vous que le chauffeur vas se ré-arrêter ?
En tous cas il le veut  mais les passagers s’énervent et l’oblige à continuer abandonnant nos compagnons au bord de la route.

A ce moment là, je suis encore persuader d’arriver rapidement à Bohicon mais voilà :

Un taxi, en faite, le même taxi que nous, le même break, chargé tout autant que le nôtre est arrêté au bord de la route. Et hop on s’arrête sans arrêter le moteur. Bon signe ça ne durera pas longtemps ! Mauvaise prévision de ma part.
Voilà les chauffeurs en train d’attacher les deux taxis ensemble !

Et là au-delà de toutes croyances mécaniques, défiant même les lois de la mécanique, voilà notre belle épave 504 break tirer une autre épave 504 break avec un chargement total dépassant les 20 passagers, tout ça accompagné et soutenue par le rythme chantant de l’embrayage qui patine !
Et nous voilà repartis ne dépassant qu’en descente les 20 km.

Patience est mère de sureté…

C’est là que je me suis demandé si nous reverrons Cotonou ce même jours…

Arrivé à Bohicon parce que nous y sommes tout de même arrivé, l’après midi était déjà bien entamé, nous avons été changé pas moins de 4 fois de taxis et attendu quelque temps (quelques heures…) avant de pouvoir quitter la gare routière.
Cette fois tout le contraire, nous sommes que 6 dans le véhicule qui roule en permanence sur la voie de gauche, slaloment entre les nids d’autruches et ceux de poules… doublant une fois à droite puis à gauche…
Là je me demande si nous arriverons vivant à Cotonou.

La nuit tombe, nous approchons d’Allada. Un ami vit à Allada.
Soit on s’arrête dormir chez lui et rentrons le lendemain, soit on prend le risque d’entrer dans la folle circulation de Cotonou avec ce chauffard qui se prenait pour Colin Mc Ray.
Sachant que nous en sommes déjà à 9h de voyage pour 150 km, notre bon sens, et surtout notre fatigue nous font descendre du taxi à Allada où nous passons une excellente soirée !

Vive le Taxi-brousse!

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Une réflexion sur “Aventure en Taxi-Brousse! (BENIN)

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