FERRO-BUS ? (BOLIVIE)

Apparemment il y aurait à Aiquile un ferro-bus (?) qui conduirait à Cochabamba en traversant la campagne bolivienne. Une expérience qui nous séduit surtout que nous aimerions savoir de quoi il s’agit.

Après quelques péripéties, une drôle d’agence, les beignets et les informations d’une vieille à couettes (comme il y a beaucoup dans cette Bolivie attachée à ses traditions), des horaires incertains, nous avons nos tickets de bus pour Aiquile. Une dernière salade de fruits sur lit de yaourt enrobé de mousse chantilly sur laquelle trône fièrement quelques fruits et au sommet… non une cerise, mais un biscuit au chocolat . Tout ça savouré, nous partons pour Aiquille dans un bus… d’occasion que nous prenons 200m après le terminal (c’est moitié moins cher !). Bien qu’il ait failli nous oublier et qu’il nous est fallu courir après, nous sommes bel et biens dedans. Bien sûr puisque nous avons payé moins cher, nous n’avons pas de numéro de place et sommes les seules dans ce cas. Donc notre place est celle où il n’y a personne. C’est-à-dire la banquette arrière ! ça c’est mauvais souvenir. JAMAIS la banquette arrière, JAMAIS ! ça m’a déjà couté une fracture du sacrum au Niger et 12h de calvaire (il y en a un qui doit s’en souvenir !). Le bus monte. Oh que c’est joli la vue sur Sucre ! Sauf qu’il faut redescendre. Dès le premier virage nous comprenons. Bienvenue dans le Grand Huit bolivien. Alors que le pilote accélère dans les virages, assis à l’arrière du wagon, on voit le vide par la fenêtre (le vrai vide, pas le talus). Nous retenons notre souffle. Et c’est partie pour 2h30 de sensations fortes. La nuit tombe rapidement. Seule quelques lumières dans la vallée nous indiquent qu’il ne faut pas rater de virage. Les roues arrière sortent régulièrement de la chaussée pour aller déraper dans la terre. En traversant les villages nous subissons l’habituel fracassage de dos offert par les ralentisseurs (conséquence de la banquette arrière). ça rappel un peu le Niger.

Au bout de 2h30 interminables, le bus s’arrête pour une pause. Un sandwich, un pipi et c’est repartie. Heureusement, nous sommes dans la vallée, plus de descente infernale avec un pilote qui double sans arrêt poids lourd et autres bus. Mais voilà, c’est un autre calvaire qui commence. à fond, le bus s’élance sur une piste sans asphalte. En quelques minutes le transport en commun est rempli de poussière et notre dos subit un massage violent et involontaire. Je vous l’ai dit, JAMAIS la banquette arrière ! C’est une règle d’or en voyage dans ces genres de contrées. Lorsque nous passons enfin dans un bled où je peux lire Aiquile sur un mur, je suis soulagé. Le bus ne s’arrête pas, il ne ralentit même pas. Ont-ils oublié que deux touristes doivent descendre à Aiquile ? ça nous est déjà arrivée au Paraguay. Ni une ni deux je m’élance dans la traversée du bus. Balancé et chahuté d’un côté et de l’autre, écrasant quelques vieilles à couettes et des enfants endormis, je parvins tout de même à rejoindre le pilote et son acolyte dans leur cabine. Je constate qu’un énorme sac de coca les passionne plus que la route et leurs passagers. « Dans 30 minutes » me répondent-ils en mâchant la feuille sacrée. La galère n’est donc pas achevée. Mais effectivement, une demi-heure plus tard on nous dépose à Aiquile. Le bus reprend sa route jusqu’à Santa Cruz. Le proprio de l’hôtel que nous trouvons nous rassure, il ya bel et bien un ferro-bus ce n’est pas une légende ! Et comme nous le pensions il part le lendemain. Parfait !

Nous partons alors nous reposer dans notre modeste chambre afin d’être d’aplomb à l’aube pour le ferro-bus.  à l’aurore on prend nos sacs direction la gare. Le train est à huit heures, nous prenons un peu d’avance. Arrivée à la petite « gare » surprise : il y a bien les rails mais pas le bus qui va dessus ! On nous informe indifféremment que le bus en question n’est pas arrivée la veille. Peu être  arrivera-t-il le lendemain, dans quel cas, il repartira sûrement après-demain. Quelle logique !

Que faisons-nous en attendant ce fameux ferro-bus ? Du stop jusqu’au prochain village sur la voie du ferro. Nous voici a 8h à peine sur une piste de terre à espérer une voiture en direction de Mizque (qui est à 45 km…). Les passants, étonnés de nous voir au bord de la route, nous informent chacun leur tour de la situation. «  Il n’y a pas de voiture qui va à Mizque, c’est trop loin et éloigné des grands axes routiers ». Merci. Nous persistons puisque la patience est une noble vertu. Et une voiture passe et s’arrête. Il s’agit d’un taxi-brousse ! Le même qu’en Afrique. Un break blanc qui survit aux années de labeur. Il est déjà plein mais compte bien nous prendre quand même.  Deux des passagers passent dans le coffre ce qui fait deux places de plus ! Nous voici 9 dans la caisse de Colin Mc Cray qui fait fumer la piste et déraper son engin.

Il est intéressant de constater que dans ces campagnes chaudes et arides de Bolivie, la vie s’est organisée comme  dans bien des régions d’Afrique ; Taxi brousse, piste, maison de terre à la même architecture, toit de chaume, four traditionnel dans la cour, même façon de cultiver, même grenier etc … C’est vraiment surprenant, l’Homme sans ce connaitre, à partout les mêmes idées et la même imagination. Ses pensées sont-elles interconnectées ?

Après 45 minutes de rally, nous voici à Mizque. Le ferro-bus passe à 3 km de là peut-être après-demain. Aucune gare, aucun arrêt. Il faut tout simplement se mettre au bord des rails et lui faire signe. Alors vendredi à 8h nous attendrons le ferro bus sans savoir s’il arrivera.

Vous voulez savoir si enfin nous allons pouvoir découvrir les campagnes boliviennes en ferro-bus ?

Rendez-vous au prochain épisode ! Pour l’instant, nous-même l’ignorons.

Julien Masson

 

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