CE MONDE QUE JE VOIS ET QUE TU NE VERRAS PAS

(Vue sur la Belle Etoile depuis ma maison Venthonaise - France 2011)

(Vue sur la Belle Etoile depuis ma maison Venthonaise – France 2011)

La pluie s’abat sur la vallée – jusqu’au fond de la combe de Savoie les sommets de calcaire disparaissent dans la brume et les nuages. Et nous, comme le temps, nous sommes abattus. Ce temps d’automne qui dans sa tourmente transporte la tristesse du monde et la mélancolie. Et plus que jamais elle s’empare de moi et je voltige dans son impétuosité.

Alors que j’écris ces mots, je pense à ces quelques enfants, perdus et anonymes, qui snifent de la colle sous le porche lugubre de l’église Bon Pasteur de Cotonou. Bientôt les plus âgés – quelques gosses misérables – « casseront les fesses » aux plus jeunes. Ils n’y pourront rien car on leur a fait de même et qu’ils ne connaissent que ça, la rue, l’abandon, la misère. Au-dessus de leur tête, une croix. Eux, la porte sur leurs âmes meurtries. À quelques pas, le quartier de la Haie-Vive abrite les expatriés fortunés – cloisonnés dans leurs forteresses blindées de béton battis en remparts – arrogants colons, narguant dans l’ignorance la misère qui suinte à leurs pieds. Lire la suite

Publicités

Toutes les étoiles du ciel

En ce début de mois de juin, j’ai le plaisir de vous informer que nous rejoignons, avec mon ami Clément Burelle, l’équipe à l’esprit farouchement nomade de la Croisée des Routes.

Pour ceux qui ne connaissent pas, la Croisée des Routes – dirigée par l’anthropologue et écrivain  Franck Michel, Alain Walther et Joël Isselé – est une plateforme culturelle d’échanges et de réflexions sur le thème qui nous est cher ici, le Voyage.

« Chronique Trimarde » est le nom de la chronique mensuelle que nous tiendrons.

Je vous laisse découvrir la première en cliquant ici: Toutes les étoiles du ciel

Bonne lecture!

Chaleureusement,

Julien

 

Vidéo 1 – Le voyage et l’école

Bonjour à tous,

Voici la première vidéo d’une série à venir – pour le projet Le Voyage et l’École – qui souhaite faire partager les rencontres, les paysages, les ambiances, que l’on croise, qui nous inspirent en voyage. Quelques vidéos qui illustrent l’esprit de la Route, l’état d’esprit du voyage, l’ouverture à l’Autre, au Monde et à la VIE.

Lire la suite

QU’EST CE QUE LA GUERRE DES KIVUS ?

Carte des KivusJoseph Conrad, ancien capitaine de steamer (bateau à vapeur) pour le compte de la Compagnie du Commerce et de l’Industrie du Congo, écrivait en 1904 : « c’est tout de même incroyable que la conscience de l’Europe qui a abolit il y a soixante-dix ans le trafic d’esclaves pour des motifs humanitaires, tolère aujourd’hui l’Etat du Congo. C’est un peu comme si la pendule de l’ordre moral avait retardée de plusieurs heures. » A cette époque coloniale, le Congo perdait déjà 6 000 000 d’humains…

110 ans après… Un monde s’active dans la folle course de sa Civilisation, bien pensant, le civilisé consomme et consomme, à l’aise dans son sofa, ralle devant les inflations du marché et la spéculation qui le dépasse et lance d’un crie de muet ses discours humanistes ou idéologiques. Sous le silence de ses pantoufles délicates, un autre monde agonise, un monde qui meurt dans le silence, qui souffre sans voix, qui pleure sans larme, dans les méandres de la Civilisation, la fourmilière d’esclaves qui triment pour que le sommet de la pyramide, la face visible de la grande parade, puisse s’activer dans sa terrible frénésie. Conrad tira de ses aventures au Congo, un roman titré « Au cœur des ténèbres ». Il savait à quel point ses mots étaient justes, ce qu’il ignorait, c’est que 110 ans plus tard, si le Congo est toujours le cœur des ténèbres oubliés, la région des Kivus est le fin-fond de ses entrailles. Lire la suite

Podcast chez Voyagecast

L’hiver est là et emporte mon temps, entre le ski, Globetrotte 4 Peace, Le voyage et l’école, la Villa du Grand Bivouac, et  projet de reportage, le blog n’est pas très actif!

Voici un petit billet pour partager un podcast sur le voyage bien-sur!

En novembre dernier, alors que le froid venait en rafale balayer les massifs de Savoie, quelques semaines après le Grand Bivouac (festival du voyage et des découvertes partagées – Albertville), j’ai eu le plaisir d’enregistrer un podcast avec Jonathan Maitrot de Voyagecast. On y parle  philosophie de voyage, sa transmission, Globetrotte 4 Peace, révolte et engagement… quelques réflexions en freestyle! Comme toujours, sans cadre, dans le désordre, comme ça vient…

Jonathan Maitrot, de sa voix calme et posée, sait mener ses podcasts et nous emmener avec lui, en voyage, grâce à l’intimité du son. Je vous invite à découvrir son site.

Bonne écoute!

SOURIRES D’AVENIRS

Aux quatre coins du globe les enfants sont merveilleusement les mêmes, dans les joies et malheureusement les peines. Ils portent en eux les qualités humaines fondamentales. Chacun de nous devrait s’inspirer d’eux et retrouver l’enfant qui est en lui. Ils sont l’avenir et nous apportent la possibilité d’un monde meilleur. Il est de notre devoir de leur permettre de garder leurs qualités pures afin qu’ils réussissent là où nous échouons.

Je vous transmets en photos leurs Sourires d’Avenir: cliquez ici pour voir la série.

Julien

AmitiéFraternité

Éloge du risque (nécessaire)

Dans un monde où l’on tente de tout contrôler et de tendre le facteur risque vers zéro, je me risque à faire l’éloge du risque – non puéril mais consenti – afin qu’il revitalise la première fonction de l’Homme qui est de vivre. Vouloir soustraire le risque ou le danger de tout parcours de l’existence revient à retirer le sel d’un plat ou même l’ensemble de ses arômes. Car si l’imprévu est la première disposition à l’épanouissement de l’être il va sans dire que le risque qui en découle en est l’électrochoc. Lire la suite

Frisco: La ville de la baie [2/2]

Chinatown et ses histoires de vieilles triades, les bars à striptease, les pubs, le quartier hippie, le quartier gay, ou encore celui des affaires. Chacun a son existence, sa place, son droit d’exister, de palabrer, de se pavaner sans complexe sur la scène de la société. La grande affiche porte toutes les couleurs, toutes les langues, tous les symboles. Lire la suite

Frisco: La ville de la baie [1/2]

           C’est de la baie de San Francisco, que Buck fut arraché à sa vie sédentaire et conduit vers l’aventure du grand nord, de la ruée vers l’or du Klondike. Souvenir de Jack London né le 12 janvier 1876 à San Francisco, lui qui a inspiré tant d’Hommes à entendre l’appel du sauvage, de l’instinct, et qui conta mieux que personne la ruée vers l’or et l’aventure du cœur de certains hommes. Car en effet, c’est cette ruée vers l’or et la peuplade d’aventuriers en blue-jean Levi’ Strauss  qui bâtirent San Francisco. La ville était le terminus du fameux chemin de fer transcontinental qui accéléra l’enfermement des milliers d’Indiens des plaines dans leurs réserves respectives. La conquête de l’ouest dorénavant accessible à tous. A une traînée de fumée, à quelques pelletées de charbon ardent, et l’avenir avait la saveur de l’espoir. Tout au bout, en équilibre entre terre et océan, San Francisco. Lire la suite

S’alléger en Voyage

« Le voyageur sait bien que si la route aide à s’alléger de tous ses biens, elle ne débarrasse pas de ses maux. » écrit Sylvain Tesson dans son Petit traité sur l’immensité du monde. Plus d’une fois je fus d’accord, en croisant sur la route les routards consommateurs d’exotisme, friands d’aventures « authentiques », et de preuves de leurs pérégrinations. Pourtant je mentirais si je disais que le voyage  ne m’avait pas permis d’évoluer intérieurement.  Alors parfois je veux croire que la route ouvre le cœur des Hommes. Il en a besoin – qu’il parte ! – qu’il s’allège de son superflu, qu’il s’allège de ses pensées, qu’il vive léger. Qu’il libère son cœur du poids qui l’écrase et l’étouffe. Sur la route j’ose croire qu’il  le verra s’ouvrir. Ô il s’ouvrira lorsque sa peau de chair sentira la brise le caresser, que ses yeux contempleront le coucher du soleil puis, la nuit, les étoiles, qu’il entendra le murmure des oiseaux, humera les saveurs des forêts. Oui ils s’ouvrira lorsqu’il écoutera l’Autre, tentera de le comprendre, lui et le monde. Ô il s’ouvrira face au soleil levant, face aux regards de l’enfant, face au sourire de la vie. Lire la suite

Aux Hommes Libres

AlcatrazIci, au-dessus du Golden Bridge, de nouveaux voiliers font la sérénade, dans un sens et dans l’autre sur l’ombre du pont. Je scrute un de ces cailloux mystérieux qui jaillit des eaux en tache d’argent. Il porte sur son dos Alcatraz, prison tristement célèbre. A quelques kilomètres des terres, au milieu de la baie, l’emblème de l’enfermement, le fantôme des prisonniers, sort de l’eau comme une brume qui ne peut se dissiper. Je songe alors à ces prisonniers, d’Alcatraz ou de la Santé, de Thaïlande ou de Lomé, les Hommes mis en cage, criminels ou non, bloqués entre les murs de l’irrationnel humain, protégeant dans leur agonie, la société. Loin de nos yeux et de nos cœurs, dans nos normes bien faites, dans nos doctrines aux normes parfaites, le prisonnier est à l’abri de notre conscience. Il a bravé la règle, qui juste ou non est juge et bride de l’Homme. Il se meurt dans la crasse, à l’abri des regards, avec ceux de sa race de damnés, de barrés, de lépreux du système qui les a enfantés. En ce pays où je me trouve, première démocratie du monde, moraliste et moralisatrice, la peine de mort est d’usage. On préfère en finir avec le cancer que de le laisser agoniser dans la souffrance de la cage fermée. Parce que le juste est souvent juge.

« Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » s’exclama Jésus devant la foule enragée qui s’apprêtait à lapider Marie Madeleine. Peuple du monde, je jouis de te voir ainsi parfait, toi qui sans pardon jettes la flamme du diable au nom de la liberté à sauvegarder, et pis encore de la justice que tu oses parfois nommer « divine ».

Mais quelle liberté ? Celle de se mouvoir dans nos illusions ? Celle du confort des biens matériels ? Cette vie soigné, sécurisé, aseptisé, but ultime d’une vie réussie dans cet univers de paraître et de paillettes ? Ce monde qui blâme le vagabond, l’ermite, le sauvage qui va hors la loi à la conquête des espaces sans traces ? Celui qui voit le fou comme un sage et le sage comme un fou ? Celui qui opprime et hais l’homme des bois, le nomade des steppes ? Celui qui crée des guerres pour la paix, vend des armes pour s’enrichir, massacre les « non civilisés », pille des régions du monde, condamne des peuples, et rédige les droits de l’Homme jugeant ceux qui ne les respectent pas ? Lire la suite

G4P dans le Dauphiné Libéré

Dauphiné Libéré - vendredi 17 octobre 2013

Dauphiné Libéré – vendredi 18 octobre 201

Globetrotte 4 Peace était présent au Grand Bivouac et ce fut l’occasion d’échanger et de partager avec beaucoup monde. De très belles rencontres notamment avec les Premiers Pas de l’Aventure et les élèves des écoles et collèges que nous avons reçues le vendredi toute la journée.

Nous remercions le  Grand Bivouac qui réveille Albertville tous ces mois d’octobres et pour ce goût de l’aventure, de l’échange et du voyage qu’ils transmettent durant ce festival. Nous les remercions aussi de nous avoir offert ce stand et pour leur don en livres de voyage – récoltés durant le festival – qui seront revendus au festival Livres en Marches les 23 et 24 novembre aux Marches à 8 km de Chambéry.

Bien entendu merci à tous ceux qui ont fait don de leurs livres ou qui sont passés nous rendre visite! 🙂 Pour ceux qui veulent encore faire don de leurs livres de voyage (livres photos, chroniques, romans, guides de voyage etc.) vous pouvez encore les envoyer au Grand Bivouac ou directement à Globetrotte 4 Peace – 12, route de la Bottière, 73200 VENTHON.

Encore merci pour votre soutien.

Nous vous rappelons aussi qu’une Bourse de 300€ est à gagner sur le thème d’un « Voyage Déroutant »! Alors si vous prévoyez un voyage et que vous souhaitez en rapporter un rendu sous forme d’oeuvre  ( expos photos, carnet de voyage, vidéo, documentaire etc.) n’hésitez pas à nous envoyer la fiche d’inscription à remplir sur le site www.globetrotte4peace.com dans la rubrique Bourse G4P.

Merci à Jean-François Casanova pour ces deux parutions de G4P dans le Dauphiné Libéré du vendredi 18 octobre et lundi 21 octobre.

Dauphiné Libéré 20 octobre

Dauphiné du lundi 21 octobre

SOURIRE DU CONGO

Sourire du Congo

Le quartier n’a ni eau courante, ni électricité, ni hôpital, ni école… les cicatrices de la guerre sont omniprésentes – dans les habitudes, les réflexes vifs, les souvenirs – et pourtant il est là – Précieux – lui et tant d’autres, et son sourire radieux, son rire sincère et profond, et ses yeux, oh! ses yeux qui pleurent de joie!

Il est là Précieux,  et il éclabousse le monde de sa simplicité, de son bonheur intemporel, de cet instant de grâce qui défie toutes les médiocrités des hommes.

Ils sont là, les joyaux du Congo, dans ces rires éclatants!

Julien Masson