Le Machu Picchu oublié – CHOQUEQUIRAO (PEROU)

Certains voyageurs sont poussés par l’envie « moutonesque » de visiter ce que le vénérable UNESCO a classé. Et par-dessus tout, pour pouvoir fièrement cocher une case de plus sur leurs listes de choses à faire dans cette courte vie – qu’ils courent et qu’ils courent ! comme un train qui se glisse dans l’espace sans changer à l’intérieur -, ils se précipitent sur les – soi-disant – 7 merveilles du monde. Et en haut du classement des patrimoines « exotiques » presque mystiques ou mythiques, le fameux Machu Picchu ! devenu à lui seul emblème du Pérou et même de toutes les Andes. Alors tout un monde soucieux de son curriculum vitae de voyageur qui a tout « fait »  et peu soucieux de ce qui se défait, se précipite sur les hauteurs du majestueux site pour lui arracher une photo et en faire un profil Facebook. Tel un trophée, une case cochée, un « ça c’est fait », le symbole de la folie Inca est figé dans le temps 20 000 fois par jour par ces hordes de touristes IN. à moins de 100 km de là des tribus isolées sont condamnées, mais ça les touristes l’ignorent et d’ailleurs s’en contrefichent car ils ne sont pas là pour cela. Non ! eux sont là pour la citadelle la plus célèbre du monde qui à elle seule justifie parfois le voyage. La visitant ils espèrent toucher à cette gloire. Loin de chez eux non pour découvrir le monde, le comprendre ou l’aimer, mais pour le consommer, le « voir », l’immortaliser en images mortes.

Et j’ai souvent du mal à comprendre comment l’on peut résumer un pays à des sites « morts », à des ruines figées dans un temps disparu, lorsque la vie continue dans son mouvement permanent. Si voyager c’est courir après le passé du monde autant le faire dans un musée. Si je pars sur les routes c’est bien pour faire la connaissance de ce qui est vivant ! « Pour découvrir un autre monde sans le conquérir, l’apprécier sans le déprécier, le partager sans le confisquer. » comme l’écrit si bien Franck Michel. Mais non ! la foule enragée est toujours la même qu’au temps des colons et des conquistadors, elle se rue sur le monde avec l’appétit d’un ogre ! Et alors que l’UNESCO l’a classé parmi les sites en dangers et recommande vivement de limiter les visites à 800 par jour, les vieilles ruines incas sont envahies chaque jour par 2000 pairs de jambes. Oh oui ! l’affaire est trop juteuse et la gourmandise n’a pas de nationalité. A environ 45 dollars l’entrée (2012) on comprend l’engouement. Et puis il y a l’Orient Express, cette firme anglaise qui s’est emparée de toutes les concessions autour de la poule aux œufs d’or. Acheter une bouteille d’eau ou aller aux toilettes et c’est dans leurs poches profondes que tombe votre monnaie. Mais le clou de l’affaire c’est le train. Le train que la majorité des visiteurs prennent (environ 40 dollars) appartient lui aussi à l’Orient Express.

Et puisque le vice n’a pas de morale et que dans le monde capital l’humain est un profit ou une perte, l’Orient Express a racheté la ligne populaire reliant Puno à Cuzco. Transformé en train de luxe, cette ligne jadis utilisée par les locaux, est devenue le chemin de fer le plus cher du monde au kilomètre ! Joyeux sont les chanceux qui profitent de la cuisine à bord et photographient les « pauvres » autochtones – véridique j’en fus témoin – en traversant les villages depuis leur wagon d’or. Et une fois encore, les réflexions de Franck Michel sonnent terriblement juste lorsqu’il écrit dans  Eloge du voyage désorganisé « Pouvoirs publics et entreprises privées se pressent au chevet des merveilles du monde, ici en sursis, là déjà à l’agonie. Mais des affaires restent encore à faire. »

Alors il n’y a aucun doute, le Machu Picchu doit être exceptionnel, unique, magnifique et mystérieux. Mais exclu du monde capital-profit le raisonnement du voyageur pourrait-il dépasser son ambition à vouloir – à tous prix – voir ce qui doit l’être ? Et se poser une question simple : Dois-je mettre au-dessus de moi l’Histoire et la condition humaine ? A ceux qui n’auraient pas compris : La visite d’un site aussi magnifique soit-il me donne-t-il le droit de consciemment participer à sa destruction, de favoriser les inégalités et de contribuer au vol culturel et économique d’une région ?

Chacun pourra répondre à cette question sans que mon cœur en soi le juge. Certains dilemmes ne peuvent appartenir qu’à la conscience de chacun. Que le mouton devienne un loup en se le cachant n’a rien d’effrayant que pour les autres moutons. Il est amusant – ou non – de constater que l’Empire Inca reste encore aujourd’hui une mine d’or pour les âmes de conquistadors qui ne cessent – toujours pas – de le souiller de leurs sales bottes. Tant qu’il reste à détruire, détruisons tant que l’on s’enrichit. Parole d’homme moderne.

( chemin abrupte vers le Choquequirao - Perou 2012)

( chemin abrupte vers le Choquequirao – Perou 2012)

A 70 km des troupeaux de touristes, se cache un autre site. Un des seuls à n’avoir jamais été découvert par les Espagnols. Un site 7 à 8 fois plus étendu que le Machu Picchu, perché à 3100 m d’altitude dans les pentes abruptes de sommets recouverts de la haute Amazonie. Un site qui a hébergé la résistance Inca et en a initié les Rois. Un site ni envahi à l’époque par les conquistadors, ni aujourd’hui par leurs descendants, les touristes avides.

Le Choquequirao (le « Berceau d’or » en Quechua) est fier d’être oublié. C’est son destin.

Aucune route n’y conduit, aucun train, aucune concession de l’Orient Express. Aucun poster ne le vend aux quatre coins du monde, aucune agence de voyages ne le classe en tête de liste. Même celle de Cuzco le rajoute comme un vendeur de glaces ajoute un parfum jamais acheté pour ameuter ceux qui vont où il y a le plus de choix – comme pour se sentir libre. Mais ils n’y vont pas. Trop loin, trop dur, trop pénible (et pas à la mode).

Après avoir pris bus et taxis collectifs, quatre jours de marche sont nécessaires. Plus de 3000 m de dénivelé positif et autant de négatifs. On descend la vallée pour la remonter puis on recommence. Les chemins sont raides et escarpés. On boit l’eau des rivières et on se fait littéralement manger par des pucerons démoniaques. Il faut s’attendre à avoir mal aux pieds, peut-être aux genoux, et se préparer aux centaines de piqûres qui vous démangeront toutes les nuits. Les moins téméraires pourront être aidés de mules et de muletiers rendant le parcours beaucoup plus accessible. Pour les autres, il leur faudra porter leur tente, leur sac de couchage et leur nourriture. Un magnifique trek en autonomie avec nuit à la belle étoile dans un décor féerique. Au-dessus des têtes baissées par la fatigue, des sommets enneigés s’élèvent vers les cieux et à leurs pieds, d’autres recouverts de jungle.

Marcher sur les pentes abruptes de cette vallée ramène aux bonheurs simples. De quoi se met-on à rêver devant un dénivelé qui n’en finit pas ? Eh bien on rêve du plat de pâtes de mauvaise qualité et de sa sauce tomate en sachet que l’on mangera le soir venu. Un plat de bagnard qui devient celui d’un Ritz. Et le soir venu la gamelle de ration est savourée et procure un réel bonheur, un bonheur simple. Et s’étend la vallée encaissée et les nuages filtrent les couleurs du crépuscule, comme des ombres chinoises, les mythes et les légendes jouent leurs scènes théâtrales. Ces nuits à la belle étoile, autour d’un feu, avec les amis, ou seul devant un plafond infini, on se retrouve à sa place. Sa simple place dans la nature. Et l’esprit s’apaise et l’on pénètre les sphères intérieures, le cœur s’ouvre au monde, et on se sent comme ces vallées encaissées qui s’ouvrent enfin sur un horizon plein, un horizon vide, un horizon infini. A l’aurore, – alors que le rideau de la brume est transpercé de quelques rayons de soleil qui le déchirent paisiblement – sans faire plus de bruit que le vent on reprend la marche, et parfois la fatigue s’oublie et laisse pénétrer une méditation inconsciente mais active qui réveille les sens. Chaque ascension est une initiation. Le sol dur nous rappelle l’existence, la douceur de la nuit celle de nos rêves, et dans l’effort nait la conviction que toutes réalisations passent par l’action. On se reconnecte durant ces treks autonomes, durant ces marches rudes, le poids sur les épaules qui aide à porter celui de la vie. Et si l’objectif final est – d’apparence – le site archéologique, il y aura toujours la rencontre avec soi et la nature.

( Terrasses de Choquequirao - Perou 2012)

( Terrasses de Choquequirao – Perou 2012)

Le Choquequirao se mérite.

Des dizaines de terrasses surplombent des précipites vertigineux. Son étendue est fascinante – bien plus d’une journée est nécessaire à qui veut l’explorer – et son emplacement incompréhensible. Lorsque l’on arrive sur le site on s’exclame : « ils sont fous ces Incas ! ». Ahah ! que j’aimerais connaitre l’architecte qui s’est pointé un jour chez le grand Inca pour lui dire : « Bonjours, J’ai trouvé un lieu idéal pour construire une cité.

–  Ah bon où ça ? lui demande alors le grand Inca.

–  Perché sur un col à plus de 3000 m, entouré de falaises, une bonne prise au vent, environ 4 jours de marche depuis le Machu Picchu, peut-être 10 depuis Cuzco. Il y a beaucoup de moustiques, c’est très difficile mais je vous assure que personne ne nous trouvera ! »

Et personne ne les trouva.

( Partie supérieur du site du Choquequirao - Perou 2012)

( Partie supérieur du site du Choquequirao – Perou 2012)

Mais je me demande encore et toujours ce que le voyageur ou touriste peut chercher dans ces ruines d’un passé perdu lorsqu’il ne se déplace – quasiment – que pour cela? Quelle gloire va-t-il placer dans le passé ? Pourquoi tente-t-il toujours d’y voir un âge d’or qui aurait péri ? Pourquoi ne s’intéresse-t-il pas plus au monde qui l’entoure et qui lui, est bien vivant, bien présent, et qui a besoin de bien plus d’énergies et d’actions positives pour se construire sur une voie plus juste, plus égale, plus respectueuse de la vie, sur une Autre voie ! Non ! Il préfère pleurer ou s’extasier devant un passé perdu – et qu’il a détruit – et végéter son présent, le vivre sans s’y engager, en l’ignorant. Et les descendants d’Incas ou des autres ethnies  – à l’époque opprimées par les incas – vivent à l’ombre de leurs ancêtres comme si leurs cultures, leurs traditions, leurs coutumes d’aujourd’hui, sont exemptes d’intérêt ? Faut-il qu’elles meurent elles aussi (comme c’est d’ailleurs le cas) pour qu’enfin elles deviennent dignes d’intérêt ?

Je refuse de croire que voyager c’est se déplacer dans l’espace pour observer un temps révolu et oublier le présent et le vivant. Le monde n’est pas un musée d’œuvres mortes. Le monde est une biosphère remplie d’être vivant. Parmi eux des humains qui ne vivent pas toujours dans des conditions dignes et acceptables. Et ils valent plus que quelques ruines qui finiront tôt ou tard  – et plus tôt que tard si nous continuons de les consommer (consumer !) – par disparaître. Et je doute que les visiteurs de ces sites historiques soient tous des passionnés d’histoires !

Ce texte est alors dédié aux  vivants. Ceux que l’on oublie, ceux que l’on ne juge pas digne d’intérêt ni aujourd’hui qu’ils sont en vie, ni demain lorsqu’ils seront mort, car notre civilisation mercantile les a placé dans les pertes nécessaires à son exponentielle évolution destructrice – et sans doute le Macchu Pichu aussi en fait-il parti – .

Bien sûr ces ruines riches d’histoire sont des témoignages qu’il convient d’étudier et de préserver mais surtout pas de vendre et de consommer sous prétexte que le monde – le plus riche – doit pouvoir s’instruire. Ce n’est pas de l’instruction que de conquérir indéfiniment une histoire qui fut déjà écrite, ne l’oublions-pas, par les vainqueurs.

Et j’aime me rappeler que lorsque Cuzco fut pris par nos amis conquistadors, les habitants du Machu Picchu ont fui vers la cité cachée de Choquequirao. Détruisant derrière eux le chemin qui y menait, ils ont isolé le site encore plus qu’il ne l’était .Voici à quoi fut destiné le Choquequirao : au mystère, au silence, à l’oubli. Et aujourd’hui encore il attire ceux qui fuient le vacarme, la masse touristique et moderne, les chemins tracés, la facilité. Il appelle ceux qui veulent mériter ce que leurs yeux voient, mériter d’accéder à l’Histoire humblement, au passé et à la beauté naturelle de la nature.

Le Machu Picchu oublié, le Choquequirao,  n’est étrangement pas inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO – et paradoxalement c’est peut-être ce qui le préserve -, il n’est pas inscrit non plus sur les tours opérateurs, ni dans les catalogues de voyages à ne pas rater. Peut-être sont-elles, ces vieilles ruines, un symbole de ces peuples bien vivants, de ces histoires, de ces résistances que l’on oublie – intentionnellement – et qui fleurissent ou fanent, vivent ou survivent, en marge de La Grande Civilisation, partout autour de la planète. Et il est là, comme il a toujours été, dans l’ombre de la gloire des Hommes, à la lumière de la gloire éternelle.

Julien

(Vue depuis le site sur la vallée de l'Apurimac - Perou 2012)

(Vue depuis le site sur la vallée de l’Apurimac – Perou 2012)

(Magie de la nature - Perou 2012)

(Magie de la nature – Perou 2012)

 

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Une mer à 4000 m (BOLIVIE)

Un bleu profond comme celui des calos de l’ONU, un air marin presque méditérannéen, un crie de mouette, une cordillère Royale et un soleil qui plonge dans ce tableau.  Le lac Titicaca fait rêver depuis des milliers d’années. Les Incas ont vu en lui la naissance de leur monde, lorsque certains en ont vu la fin, sacrifié face au soleil couchant.

Prisonnier du temps qui forme le visage de la patate que nous peuplons, Titicaca fut emprisonné par les robustes sommets enneigés. Pénible destin pour un bout d’océan forcé à devenir un lac. Mais quel lac ! D’anonymes morceaux d’océan  il est devenu le plus haut lac navigable du monde et père d’une cosmogonie qui régit la vie d’une région entière.

Copacabana , aux allures de station azurienne, nichée au creux d’une crique au sud-est du lac, vend ses excursions à ceux qui veulent rêver avec le lac. La cathédrale dressée par les Espagnols témoigne de leur machiavélisme. Le soleil se couche en éblouissant les trois croix copiant ainsi le temple du soleil de l’Isla del Sol. Tout est bon pour convertir ! A coup de massue sur les cultures et les croyances, de détermination et de persévérance, de trahisons et de stratégies douteuses, l’Amérique du Sud s’est vue agenouillée devant la toute-puissance du Vatican. Le temps n’y a rien changé, aucun ne retourne sa veste et tous prient le Dieu des Chrétiens.

Si l’Homme est un loup pour l’Homme, dans le temps il en est aussi le mouton.

(Le soleil sur les croix de Copacabana – Bolivie 2012)

L’isla del Sol est une perle qui flotte sur ce bleu marin. Des aires majorquais, quelque peu corse sur cette île symbole de l’Empire Inca. Des plages de sable blanc, des eaux lucides, des campeurs et des lamas. Le nord de l’île garde un semblant d’authenticité. Les habitants élèvent cochons et moutons en attendant de vendre quelques truites aux touristes. Un sentier à guichets sillonne les crêtes qui se perchent 200m au-dessus des eaux. Le sud de l’île c’est « mercantile island ». Pizzerias en souvenir culinaire Inca, groupes d’Allemands en bermuda et bateaux folkloriques avec équipage déguisé. Le charme de l’île est sans appel, les agences et les guides le savent.

(criques au sable blanc – Isla del Sol – 2012)

Mais Titicaca c’est des centaines d’îles et même des artificielles ! Fabriqués par les Amérindiens Oruros pour fuir les Tiwanakus. Les milliardaires Qataris n’ont rien inventé ! Les îles flottent toujours du côté de Puno au Perou habitées par des usurpateurs, des pseudos descendants d’Oruros qui exploitent le filon pour survivre sur le lac des dieux.

A 3850m les eaux des océans lointains ont fait naitre les mythes les plus extraordinaires et enfantent encore aujourd’hui dans l’imaginaire des touristes les fantasmes les plus fous. On y vient en masse profiter de ses secrets, de son calme et de son soleil si vénéré.

 

Julien Masson

PS: De plus en plus de visite par jour. Merci à vous qui lisez, suivez et partagez.  N’hésitez pas à vous inscrire sur la droite du blog pour être averti des nouveaux articles sur votre boite mail.

(île perdu dans les eaux de Titicaca – Bolivie 2012)

 

(enfants sur un ponton de l’Île du Soleil – Bolivie 2012)

 

Sur les traces des Tiwanakus et des Incas (BOLIVIE)

Lorsque la société vous pèse, la nature vous allège. Après tout elle est notre mère et nous vivons en son sein. Parfois (même souvent) il est bon de marcher, de s’évader et de se reconnecter à Pachamama. Un trek en autonomie en est un bon moyen.

Un chemin préhispanique faisant partie du  Qhapaq Nanquitte la Cumbre (4650m) pour franchir un col à 4900m et plonger  dans une magnifique vallée qui en perdant de l’altitude voit s’inviter sur ses flancs une vaste forêt : la haute Amazonie.

Le vent froid nous gèle les oreilles jusqu’au col où nous découvrons une gorge ouverte et profonde dans laquelle nous devons descendre. Une vieille voirie Tiwanaku récupéré de force par les Incas et utilisée aujourd’hui par les paysans, s’élance dans cette descente infernale. Se courbant une dizaine de fois sans se mordre la queue, elle vient se soulager à 4400m contre la rivière Lama Khuchu. Les ruines du tombeau Lama Khuchu  demanderaient beaucoup d’imagination à celui qui tenterait une reproduction mentale des scènes de vie de jadis.

(Tombeau Lama Khuchu – Bolivie 2012)

Quelques paysans grimpent courageusement, seuls ou accompagnés de lamas, dans l’espoir de vendre leurs pommes de terre à ceux qui partent nourrir les millions de Citadins de la Paz.

La vallée dresse des murs de roche en barricades accrochant les nuages sur ses sommets, s’isolant un peu plus . Comme une route céleste le bleu du ciel indique la voie. Après quelques heures de marche le seul village que nous verrons en trois jours se présente à nous. Construites de pierres, les maisons ne détonnent pas avec l’environnement. Les filles vêtues de leurs tenues traditionnelles jouent au foot supportées par leurs congénères masculins . La jeunesse de ce village doit se sentir bien emprisonné par ces pierres venues des sommets. La Paz est à 2 jours de marche lorsque pour Coroico il faut en compter 3. La glue du temps doit peser sur les âmes vagabondes. Mais le calme ramène les esprits à la plenitude. Comme  tous ceux qui ne sont pas natifs de ce village isolé nous continuons nos foulées. Petit à petits, alors que le soleil est en fin de course, la végétation s’épaissit.  Nous pénétrons les Yungas ces vallées chaudes et humides de la haute Amazonie. Après un pont de singe qui s’est vu amélioré par une modernité cablique, nous plantons notre tente (pas imperméable) sous un abri proposé par une famille sédentarisé sur ce bord de rivière. Le ciel abat ses gouttes toute la nuit. Désormais l’humidité nous habite. Toute la journée suivante les eaux des dieux nous alourdissent le pas et le rendent glissant. Ce deuxième jour nous tiendrons  la courbe de niveau de 2900m. Malheureusement sans voir l’ombre d’un plat. Que de descente succédant à des montées… Les pieds se ramollissent mais nous conduisent jusqu’à un autre camp proposant un abri semblable au précédent.

 

Deuxième nuit, deuxième plâtrée de pâte, mate de coca, et toujours pas de douche. L’humidité de la nature et celle de notre transpiration font drôles de ménage. Notre tente miniature mouillée de cette atmosphère conserve cette odeur bestiale. Ajoutée à cela celle de nos pieds qui se décomposent lentement, notre humble demeure n’est pas en état de recevoir quelconque invité. Même les insectes – excepté les mouches – nous évitent.

Malgré cela, cette végétation dense et cette verdure nous font du bien. Voilà deux mois que la nature luxuriante nous fait défaut. Même la pluie est appréciée.

(pont suspendu du Choro trek – Bolivie 2012)

Les quelques habitants que nous croisons, bien que soulagés des maux et des cries de notre société, ont une vie bien ardue. Leurs cultures de bananes, pommes de terre et maniocs sont accrochées à des pentes abruptes qu’ils ont débarassées de la forêt. Leurs dos sont cassés par les charges qu’ils transportent jusqu’au village. Les coups de bêche, les reins qui faiblissent, la vie qui marque.

Le dernier jour de marche dans les Yungas jusqu’au village de Chairo fut marqué par de fortes éclaircies. Des paysages toujours aussi beaux et luxuriants. Des cascades d’eaux et de fougères, des lianes éclaboussées par les quelques rayons de soleil qui percent la densité du feuillage, et des vues qui forces l’arrêt sur cette vallée surprenante.

Après avoir croisé un petit hameau et rencontré le chef du secteur, nous reprenons le chemin qui serpente sans arrêt dans une vertigineuse descente pour nous ramener 800m de dénivelé plus bas à Chairo.

(Yungas – Bolivie 2012)

De là, nous faisons du stop jusqu’à Coroico où nos pieds peuvent enfin se reposer. Le village est calme et exotique. Une autre Bolivie. Celle qui a vue s’installer les afro-boliviens. Les seules noires du pays. Apporté en Bolivie en 1550 pour travailler comme esclave (bien-sûr) dans les mines d’argent de Potosi suite à la reconnaissance par l’Eglise de l’existence d’une âme chez les Amérindiens. Ce n’était pas le cas pour les noires… Les survivants sont parties s’installer dans ces vallées chaudes et fertiles des Yungas où ils ne furent libres qu’en 1953. De leur rythme est né la lambada. Les transhumances forcées des noirs Africains ont donné naissance à de nombreux rythmes et danses : salsa, rumba, cubain, lambada etc… Rythmes jadis sacrées et sortis des couvents, seule moyen de garder un semblant de racine, de culture, et de moyen de communication.

Toujours est-il que ces Africains semblent bien intégrés dans ces vallées où les femmes portent le chapeau melon bolivien et les jupes andines. Une autre Bolivie comme je vous le disais !

 

Julien Masson

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Face à la Nature (BENIN)

N’avez-vous jamais rêvé de voir comment évoluerait la nature sans l’intervention de l’Homme ? Alors suivez-nous au nord du Bénin, dans le parc de la Penjari !

Après avoir franchi l’entrée du parc, dans le petit village de Batia, nous croisons déjà la route d’un troupeau d’éléphants. Un peu plus loin ce sont les babouins qui nous souhaitent la bienvenue. C’est parti nous voilà au cœur de la nature avec un grand N. Nous roulons le long de la chaine de l’Atakora. La seule chaine de montagnes (ou de collines…) que compte le pays. Les petites montagnes, dont la plus haute culmine à 800m à peine, sont souvent couvertes de jolies forêts alors qu’elles se terminent souvent par des falaises rocheuses. A leurs  pieds de verte prairies nous prouvent que la saison des pluies vient de commencer après 6 longs mois de sécheresse. Puis à perte de vue s’élance la grande savane africaine. Cette grande savane qui fait rêver, rêver d’évasion, de grands espaces, de liberté !

Dans ces grands espaces de liberté, les antilopes galopent en troupeaux et jouent à bondir . A notre vue, elles nous observent, et le moment venue fuient la présence de ces inconnus que nous sommes. Tels des joueurs de rugby, feintent et crochètent dans un sens puis dans l’autre, tel des sauteurs de haies, elles s’élancent par-dessus rivières et arbres couchés, tels des sprinters s’évadent plus loin, là où l’Homme, le plus grand prédateur ne met pas les pieds.

Nous, perchés sur le toit du 4X4, nous observons ce spectacle fabuleux. Nos narines hument des parfums naturels envoutants, nos sens s’éveillent, le vent nous caresse et nous permet de supporter l’hardeur du soleil.

C’est la grande mélodie de la nature et le chant d’une multitude d’oiseaux tous plus colorés les uns que les autres qui fait danser antilopes, antilopes cheval, buffles, phacochère, éléphant, singes etc..

Le spectacle est grandiose, étourdissant et nous en savourons chaque instant.

A midi, alors que nous sommes dans le parc depuis 7h du matin, nous pic-niquons à l’ombre d’un arbre avec les employés d’un des 2 hôtels du parc.  Fermé depuis le 31 mai, il rouvrira en décembre pour la saison sèche (et saison touristique) . Après avoir dégusté les mangues du marché de Tanguieta nous reprenons notre aventure dans la savane béninoise. Nous longeons la rivière Penjari qui fait frontière avec le Burkina voisin, et devant nos yeux, comme depuis le matin, le plus beau spectacle qui m’a été donné de voir continue.

Nous nous arrêtons à la mare sacrée. En saison sèche tous les animaux s’y rejoignent pour trouver à boire. C’est donc un point d’observation privilégier. Comme les pluies ont déjà commencé depuis un mois, les points d’eau perdent de leur intérêt pour le visiteur qui à plutôt intérêt à arpenter les pistes pour croiser les troupeaux. Cependant le lieu prête au repos et à la tranquillité. Ça tombe bien puisque c’est l’heure de la sieste. Nous devions rester là jusqu’à 16h et faire comme les animaux : se cacher de la chaleur de l’après-midi. Mais alors que nous observons les hippopotames et crocodiles, le ciel alors parfaitement dégagé, se charge en très peu de temps. Rapidement il s’assombrit et il ne faudra pas attendre longtemps pour que la pluie, précédée d’un fort vent, se mettent à battre son plein. Alors que nous nous hâtons de nous mettre à l’abri, nous pouvons constater que l’animal le plus évolué (paraît-il) est le seul à craindre la pluie. Les autres restent de marbre face aux trombes d’eaux qui s’abattent. Au contraire ils semblent jouir de cette eau qui leur tombe sur la tête, et même les oiseaux jouent avec le vent qui les berce,les bouscule et les stimule.

A 16h, comme prévus, nous reprenons la piste. La pluie a cessé depuis un petit moment. Et jusqu’à la fin de journée nous observons la nature dans son état le plus brute.

Nous gagnons le lieu de bivouac. Alors que nous échangeons avec Jacques, notre guide. Le jeune apprenti s’occupe de ramasser du bois et de faire le feu. Jacques est un fervent défenseur des traditions, des valeurs simples que cultivaient les Africains, et de son environnement. Il fuit la modernité destructrice et les désirs qu’elle provoque. Il se plaint de voir petit à petit les jeunes de sa génération ou des suivantes, oublier d’où ils viennent et de caricaturer un monde qu’ils ne connaissent pas ou qu’à travers le cinéma (des scénarios comme il dit). «  Pourquoi veulent-ils ressembler à des hipopiens ? Que trouvent-ils à s’éterniser devant des sénarios et des gens qui tirent sur tout ce qui bouge ? Avant les vieux racontaient des histoires aux jeunes garçons, et les vieilles aux jeunes filles. ça les éduquait. Qu’elle est leur éducation aujourd’hui ? Ce sont des fainéants qui prennent tout le négatif d’un monde qu’ils ne connaissent même pas. »

Jacques construit avec patience un campement (hôtel) naturel et écologique. Avec les savoir-faire ancestraux. Il se demande encore pourquoi les gens remplacent leur toit de chaume par de la taule qui n’isole pas de la chaleur, rouille, coute cher, et rend malade. Il s’étonne de voir ses frères construire des mûrs de ciment qui n’isolent pas de la chaleur ni du froid alors que les ciments de terre rouge font tout cela. Il s’étonne, et ça le ronge, de voir son peuple plonger tête baissée dans la modernité qui leur fait perdre leur identité et leurs connaissances. Il s’efforce de préserver le savoir-faire traditionnel que ce soit dans l’agriculture, le bâtiment ou les plantes médicinales. Comme l’Artemisia Anna  qui empêche le palu et que l’OMS sous la pression de l’industrie pharmaceutique avait fait interdire ( même de la cultiver). Depuis l’année dernière, grâce à des pays comme le Ghana, l’interdiction est tombée et Jacques en est bien heureux. Cette tisane, prise en cure une fois par an, permet au corps de rejeter le plasmodium transmis par les moustiques et cause du paludisme. Comme un vaccin naturel.

Nous parlons aussi de ses projets pour la suite. S’enrichir  avec le tourisme ? Non, mais en faire profiter les plus démunis de façon intelligente et durable. Avec des prêts d’animaux, de bétails, de graines etc… De l’aide durable, de la formation, et réapprendre à ceux qui ont oublié le savoir-faire des anciens.

Nous mangeons autour du feu, alors que les singes jouent en sautant de branche en branche et que les antilopes, à quelques pas de là, nous ignorent. La nuit tombe, les bruits de hyènes se font entendre puis celui du lion . Le lion rugi, nous sommes sur son territoire, il aime passer ses nuits là où nous avons décidé de planter les tentes. Mais Jacques nous rassure avec un conte africain  qui explique comment, depuis le jour où une lionne pour se venger de son lion l’a envoyé se battre contre un homme armé d’un arc, celui-ci n’attaque plus les humains, le plus grand prédateur. C’est alors qu’avec le bruit des animaux et notamment celui du lion, nous passons la soirée à discuter et écouter des contes et légendes africains. Jacques et Achille (son apprenti) prennent plaisir à nous les raconter et à se souvenir des vieux qui leur contaient le soir au village.

Le matin le réveille est prévu pour 6h. Ça fait deux nuits déjà que nous dormons peu. Il est temps d’aller rejoindre nos tentes Quechua seuls abris contre les lions. Ce soir nous sommes seuls dans tout le parc, même les gardes sont en weekend. Aucun autre visiteur, aucun autre guide. Les deux seules autres véhicules de visiteurs ne passaient pas la nuit dans le parc. Nous sommes seuls, Jacques, Achille, Nina et moi, face à la nature, et surtout au lion. Mais pas de panique nous avons une tente !

C’est cette nuit-là, alors que le lion ne cesse pas de rugir et de se rapprocher du campement, que Nina a choisi pour avoir de la fièvre. Jacques nous a dit de ne dormir que sur une oreille, je ne me suis pas fait prier pour le faire. Et dans la nuit, alors que nous venions de rentrer dans la tente après en être sorti pour le pipi, un animal au pas bien lourd et rapide est passé non loin de la tente nous jetant un bon coup de stress. Le lion ? Sans doute puisque après ça son rugissement était dans le sens opposé.

A 6h, on se hâte afin de surprendre le lion qui ne doit pas être loin vue la nuit qu’il nous a fait passer. Malheureusement nous ne le verrons pas bien que nous l’avons abondamment entendu… Sûrement que lui ne nous a pas ratés…

Puis nous reprenons notre safari et notre admiration pour cette nature à l’état pur. La savane, les forêts, la brousse, les prairies et les mares se juxtaposent pour le plaisir de nos yeux, de nos oreilles et de notre nez. Les verts qui témoignent des pluies contrastent avec les jaunes pastel qui restent de la saison sèche. Nous en prenons  pleins les yeux et lorsque notre souffle n’est pas coupé devant cette beauté, nous en profitons pour respirer à plein poumon cet air pur.

Malheureusement l’état de Nina ne va pas en s’arrangeant. Son mal de tête ne cesse d’empirer et sa fièvre d’augmenter. La fatigue ? Nous avons très peu dormi depuis quelques jours, entre le concert de Segun et Aston à Cotonou, le voyage de 12h en bus, le départ avant l’aube pour le parc, le nuit dans la tente avec le lion etc. Ou palud ? Elle ne cesse de se faire piquer depuis notre arrivée à Brazza, et à Cotonou ça ne c’est pas calmé.

Nous ne trainons pas trop, bien que nous profitons quand même de la matinée pour observer les troupeaux comme celui de buffle qui a traversé la piste à toute allure, 5m devant le véhicule. Impressionnant, des dizaines et des dizaines de buffles en pleine course devant et derrière le 4X4. Assis sur le toit, nous ne sommes pas rassurés mais admirons le spectacle grandiose que nous vivons . On se rend bien compte de notre faiblesse face à de tels animaux.

En fin de matinée nous sortons du parc et longeons la chaine de l’Atacora en traversant les villages permanents et traditionnels des autochtones, ainsi que ceux éphémères des nomades peuls venus s’installer, comme chaque année, à flanc de montagne pour cultiver les terres durant la saison des pluies. A la saison sèche ils reprendront la route avec leurs troupeaux. Sur la piste, des dizaines de femmes et enfants se dirigent à pied, avec cargaison sur la tête, dans la même direction que nous : vers Tanougou. C’est le jour du grand marché. En effet, chaque dimanche, un marché auquel participent tous les villages des alentours se tient dans le petit village de Tanougou. Un village à flanc de montagne qui veut dire « porte des montagnes ».  C’est ici que les ancêtres traversaient la chaine de l’Atacora. Le village est donc resté un carrefour commerciale où chacun vient vendre ses céréales, ses produits animaliers ou artisanaux. Mais nous, en dehors du marché, c’est les cascades qui nous attirent ici. De majestueuses chutes qui coulent des roches lisses de l’Atacora. Le lieu est magique, au fond du village, plusieurs cascades qui s’enchainent dont une grande de plusieurs dizaines de mètres. Nous en profitons pour manger mais ne nous attardons pas trop, l’état de Nina s’aggrave sérieusement. Ce n’est surement pas la fatigue.

Ce qui est rassurant c’est qu’à Tanguieta il y a un hôpital tenu par des Italiens qui est réputé dans toute l’Afrique de l’Ouest. Nous en avons même entendu parler jusqu’à Nouadhibou en Mauritanie, à Nioro du Sahel au Mali et bien souvent à Cotonou.

Arrivé là-bas, après avoir tout de même prie une douche (après une nuit dans la savane, c’est la moindre des choses…), nous constatons que le « meilleur hôpital » du Bénin ne donne pas envie d’y rester trop longtemps… Ce n’est peut-être pas plus mal, ça peut faire effet placebo… Le médecin qui nous reçoit, apparemment pas inquiet par l’état de Nina, nous demande de patienter pendant qu’il termine sa pintade et son riz qu’il mange à la main sur le bureau des consultations.  Après plusieurs minutes, l’assiette est vide, il demande les symptômes, prend la température, constate la fièvre, me demande d’aller cherché un ticket à la caisse et fait appeler un médecin. « A  parce que vous n’êtes pas médecin? Non, le dimanche ils ne travaillent pas, mais il va venir, allez chercher un ticket à la caisse pour le dossier ». Je fais la queue à la caisse un petit moment (comme au supermarché) jusqu’à ce qu’enfin l’hôtesse, ou la caissière, me présente la facture et le ticket. Ça y est Nina a le droit de voir le médecin. Mais le dernier n’est pas encore là puisqu’il ne travaille pas, nous sommes dimanche. Mais Nina est déjà sous perfusion. Nous patientons une bonne heure quand enfin le médecin arrive. Bien agréable, très courtois, aussi gentil que l’infirmier qui nous a acceuilli avec sa pintade et qui depuis a mangé un autre plat de pâte et … de pintade. Étonné par le nom de Nina il demande d’où elle vient : « ah tient une voisine, moi je suis Kinois ». Ben voilà comment se faire soigner dans un village du nord du Bénin par un Congolais. Prise de sang et compagnie. Le temps passe, ça va mieux, le médecin rentre chez lui en nous rassurant, s’il y a un problème il n’habite pas loin. Les résultats arrivent un bon moment plus tard, rien d’inquiétant, petit début de palud, on peut rentrer chez Jacques. Pour une fois ce n’est pas moi qui est eut la perf !

Le lendemain journée de repos, on décale le retour sur Cotonou. Malheureusement le mal perdure, ce n’est pas que le palu mais bien une sinusite qui s’est infectée. Nina ne quitte pas la chambre de toute la journée. Sa tête lui fait mal même si elle n’a pas de fièvre. Le lendemain nous prenons le bus tout de même pour rentrer à Cotonou. Ce fut un véritable calvaire pour Nina. 11h de bus avec un mal de tête insupportable et un chauffeur qui klaxonne sans cesse et sans raison. Ajouté à cela un enchaînement de séries ghanéennes et nigérianes avec un doublage surnaturel. Lorsque enfin le bus s’arrête à St Michel près de la maison, nous sommes bien heureux et Nina se hâte d’aller se coucher.

L’aventure nord Bénin, comme à chaque fois que j’y suis allé, restera une fois de plus dans les annales.

Tanguieta est un lieu magique, authentique et chaleureux. La majorité des maisons sont encore traditionnelles, les femmes portent les habits traditionnels,  la bonne humeur et la politesse sont une tradition. La chaleur et la tranquillité de la région de Tanguieta, ajouté à cela ses paysages, sa faune et sa flore, en font pour moi le plus beau coin du Bénin.

Julien

Pour tous ceux qui souhaitent s’y rendre, voici l’email de Jacques : samhmal@yahoo.fr

Plus que votre guide, il sera votre ami tout le long de votre séjour et fera tout pour vous arranger. De plus son hôtel dispose de chambres confortables mais aussi de cases traditionnelles et d’une véritable Tata Somba. Pour plus d’informations contactez-moi.