La côte nord de Californie

Assis, les pieds dans une terre rouge issue de la roche des nombreuses collines environnantes, je laisse mon esprit planer comme le faucon, qui à quelques pieds, flotte dans l’air qui le soulève au-dessus du Golden Bridge. Ce fameux pont, couleur âpre, rouge sang rouillé, orange internationale dit-on officiellement, traverse avec ingéniosité l’estuaire de la baie de San Francisco qui s’ouvre sur le grand Pacifique. Ce pont suspendu, aux larges structures, reconnu ouvrage d’art utile (devons-nous comprendre que certains, peut-être plus émotif ou sensitif, ne le sont pas ?) pourrait paraître bien disgracieux en d’autres circonstances, mais n’est-il pas ici, la porte de la ville mythique de San Francisco, la cristallisation des rêves de tant de gens ? Il prend là toute sa grâce, relient la ville magique aux collines vêtues d’un maquis fourni en papillons et oiseaux de toutes sortes, enivrant les promeneurs d’une myriade d’odeurs, tantôt d’un vert sombre ou strict, tantôt de l’or des pailles qui brillent au soleil californien. Sous la symphonie des oiseaux et la brise de l’océan qui lape mon visage, j’ai ce pont et cette ville sous mes pieds, et je ne m’en lasse point. Un voilier franchit, sur le dos de l’estuaire qui scintille d’un bleu acier, l’ombre du pont suspendu. Je pensais qu’il n’y avait pas meilleure façon d’enter dans la ville qu’en empruntant en voiture cette voie singulière et historique. Mais, en admirant le foc prendre la poupe et franchir dans un plein silence, sous le vacarme des voitures, la porte de la ville, je ne doute pas que la magie de cet instant éclipse la lourdeur du véhicule motorisé.

"Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon."

« Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon. »

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MAUX DU BOUT DU MONDE (COLOMBIE)

 De l’horizon jaillissent des fuseaux de pensées bercés par les lueurs d’un monde fantastique qui parait aussi abstrait qu’un rêve, et pourtant, aussi réel que notre présent. D’un orange profond s’évade des teintes rosées qui enchantent le ciel au bleu persan. Ces jets de couleurs qui s’exhortent de l’horizon m’apportent par leur grâce les mots de cette lettre. Du bout du monde, là où l’imaginaire s’envole, là où les sentiments s’affolent ou se taisent, la plénitude s’installe et nous murmure les mots du cœur, les maux de la terre. Les teintes orangées viennent colorer le sable sous mes pieds nus, ici, au bout de la péninsule de la Guajira. Lire la suite

Une mer à 4000 m (BOLIVIE)

Un bleu profond comme celui des calos de l’ONU, un air marin presque méditérannéen, un crie de mouette, une cordillère Royale et un soleil qui plonge dans ce tableau.  Le lac Titicaca fait rêver depuis des milliers d’années. Les Incas ont vu en lui la naissance de leur monde, lorsque certains en ont vu la fin, sacrifié face au soleil couchant.

Prisonnier du temps qui forme le visage de la patate que nous peuplons, Titicaca fut emprisonné par les robustes sommets enneigés. Pénible destin pour un bout d’océan forcé à devenir un lac. Mais quel lac ! D’anonymes morceaux d’océan  il est devenu le plus haut lac navigable du monde et père d’une cosmogonie qui régit la vie d’une région entière.

Copacabana , aux allures de station azurienne, nichée au creux d’une crique au sud-est du lac, vend ses excursions à ceux qui veulent rêver avec le lac. La cathédrale dressée par les Espagnols témoigne de leur machiavélisme. Le soleil se couche en éblouissant les trois croix copiant ainsi le temple du soleil de l’Isla del Sol. Tout est bon pour convertir ! A coup de massue sur les cultures et les croyances, de détermination et de persévérance, de trahisons et de stratégies douteuses, l’Amérique du Sud s’est vue agenouillée devant la toute-puissance du Vatican. Le temps n’y a rien changé, aucun ne retourne sa veste et tous prient le Dieu des Chrétiens.

Si l’Homme est un loup pour l’Homme, dans le temps il en est aussi le mouton.

(Le soleil sur les croix de Copacabana – Bolivie 2012)

L’isla del Sol est une perle qui flotte sur ce bleu marin. Des aires majorquais, quelque peu corse sur cette île symbole de l’Empire Inca. Des plages de sable blanc, des eaux lucides, des campeurs et des lamas. Le nord de l’île garde un semblant d’authenticité. Les habitants élèvent cochons et moutons en attendant de vendre quelques truites aux touristes. Un sentier à guichets sillonne les crêtes qui se perchent 200m au-dessus des eaux. Le sud de l’île c’est « mercantile island ». Pizzerias en souvenir culinaire Inca, groupes d’Allemands en bermuda et bateaux folkloriques avec équipage déguisé. Le charme de l’île est sans appel, les agences et les guides le savent.

(criques au sable blanc – Isla del Sol – 2012)

Mais Titicaca c’est des centaines d’îles et même des artificielles ! Fabriqués par les Amérindiens Oruros pour fuir les Tiwanakus. Les milliardaires Qataris n’ont rien inventé ! Les îles flottent toujours du côté de Puno au Perou habitées par des usurpateurs, des pseudos descendants d’Oruros qui exploitent le filon pour survivre sur le lac des dieux.

A 3850m les eaux des océans lointains ont fait naitre les mythes les plus extraordinaires et enfantent encore aujourd’hui dans l’imaginaire des touristes les fantasmes les plus fous. On y vient en masse profiter de ses secrets, de son calme et de son soleil si vénéré.

 

Julien Masson

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(île perdu dans les eaux de Titicaca – Bolivie 2012)

 

(enfants sur un ponton de l’Île du Soleil – Bolivie 2012)