Le chant d’Harlem

Browstones de Harlem - Série de maisons en grès rouge, identiques, construites au XIX siècle. Browstones de Harlem – Série de maisons en grès rouge, identiques, construites au XIX siècle.

Sur la 125ème, entre vendeurs Portoricains de donuts, et vendeurs noirs à la sauvette, quelques camés finissent leur nuit d’épaves échouées sur les trottoirs d’Harlem où naviguent des sachets plastiques balayés par les vents printaniers. A deux carrés, une église nous accueille pour le sermon du dimanche. Les chœurs gospels emplissent les âmes vides et emportent les âmes pleines. Voilà une démonstration d’amour qui s’échappe des Hommes, une étincelle divine qui transite par une trachée pour éclabousser la foule de l’énergie de la vie. Et les paroles de Louis Armstrong prennent là tout leur sens :

« Ce que nous jouons, c’est la vie ! » Lire la suite

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Voyage dans l’espace – temps

"Les couleurs émerveillent, les masquent ensorcellent... " Pérou

« Les couleurs émerveillent, les masquent ensorcellent…  » Pérou

 

« No puedes comprar mi vida » – Tu ne peux pas acheter ma vie

Calle 13

Dans les rues du Bronx chante le lingala, les pantalons se portent bas, le noir ne détonne pas, Malcolm X est un roi, les bières sont des cerveza et la nuit les boomers des caisses customisées bombardent du Calle 13.

« Soy, soy lo que dejaron, soy las sobras de lo que te robaron… »

Je ressens soudain le souffle du temps m’aspirer de nouveau dans la cantine de mes souvenirs. Du Bronx, je m’envole pour Santa Marta en Colombie. Le marché grouille de monde. Les bananes sont empilées à l’arrière des pick-up, quelques noirs aux dents d’ors, les jettent par-dessus bord, afin qu’elles s’étallent sur les comptoirs des vendeuses. L’odeur des fruits et des légumes, se mélange aux gazes d’échappement, aux cris incessants et à la chaleur latine, qui émane, telle une saveur, des hommes nés sous les tropiques. Juteux et sucrés comme leurs fruits colorés, l’humain des tropiques, qu’importe sa race, sa couleur ou sa foi, agite son postérieur au rythme des tambours, de la houle et de la mélodie de la joie. Les anges chantent au soleil. Le diable joue au tamtam, soulèvent d’un souffle les jupes légères, et en diapason avec les dieux bienveillants, emporte le bonheur des instants éternels sous les latitudes que notre machine économique à l’habitude d’écraser. Le Bronx reprend de la couleur.

« Soy Latina America, un pueblo sin piernas pero que camina… » Lire la suite

La folie citadine

Broadway - New York 2013

Broadway – New York 2013

Je me balade sur Broadway avec la démarche des Gendarmes, la tête qui oscille vers les cieux, et Saez qui hurle dans mes oreilles d’une voix nasillarde : « God blesse America ». Je ne peux pas m’empêcher de sourire bêtement, comme un enfant, c’est que j’ai l’impression d’être dans un film. Étrange ressenti. New-York, on a l’impression de connaitre pis en même temps, on ne connaît pas. Si bien que, lorsqu’on y est, ça semble irréel  spectateurs une fois de plus, du rêve américain, du délire mégalomane d’un pays prophète, d’une propagande bien faite. « America is God ! » pour bien du monde, mais pas pour le bien du monde. Les drapeaux flottent patriotiquement sur les façades des tours de Babel, qui s’élancent comme des minarets vers le ciel, caressent les dieux, insolents, d’acier et de ciment, de brique et de fric, de sueur et de labeur. L’irrégularité, l’imperfection, qui par leur dichotomie en font la perfection est anéanti dans la construction des démons fait homme, en éloge de la ligne droite, du carré, du parallèle et du perpendiculaire. L’architecte à équerre n’est qu’un profane de la nature qu’il blasphème. Elle, d’un nombre d’or ou de rien, souffle la vie dans chaque recoin. Lire la suite