La côte nord de Californie

Assis, les pieds dans une terre rouge issue de la roche des nombreuses collines environnantes, je laisse mon esprit planer comme le faucon, qui à quelques pieds, flotte dans l’air qui le soulève au-dessus du Golden Bridge. Ce fameux pont, couleur âpre, rouge sang rouillé, orange internationale dit-on officiellement, traverse avec ingéniosité l’estuaire de la baie de San Francisco qui s’ouvre sur le grand Pacifique. Ce pont suspendu, aux larges structures, reconnu ouvrage d’art utile (devons-nous comprendre que certains, peut-être plus émotif ou sensitif, ne le sont pas ?) pourrait paraître bien disgracieux en d’autres circonstances, mais n’est-il pas ici, la porte de la ville mythique de San Francisco, la cristallisation des rêves de tant de gens ? Il prend là toute sa grâce, relient la ville magique aux collines vêtues d’un maquis fourni en papillons et oiseaux de toutes sortes, enivrant les promeneurs d’une myriade d’odeurs, tantôt d’un vert sombre ou strict, tantôt de l’or des pailles qui brillent au soleil californien. Sous la symphonie des oiseaux et la brise de l’océan qui lape mon visage, j’ai ce pont et cette ville sous mes pieds, et je ne m’en lasse point. Un voilier franchit, sur le dos de l’estuaire qui scintille d’un bleu acier, l’ombre du pont suspendu. Je pensais qu’il n’y avait pas meilleure façon d’enter dans la ville qu’en empruntant en voiture cette voie singulière et historique. Mais, en admirant le foc prendre la poupe et franchir dans un plein silence, sous le vacarme des voitures, la porte de la ville, je ne doute pas que la magie de cet instant éclipse la lourdeur du véhicule motorisé.

"Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon."

« Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon. »

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Le souffle d’une recontre

"le souffle d'une rencontre" - Seattle

« le souffle d’une rencontre » – Seattle

Le saloon est bâti comme les chalets canadiens, en rondin de bois croisés, comme les jeux de constructions de notre enfance. Aucun placo ou lambris artificiel n’est venu polir le naturel du sapin. Un long bar le coupe. Quelques manches à pression en sortent. Un gros barbu en salopette y est accoudé et se tourne la nuque chaque fois qu’elle passe dans son dos. Elle, a un mini short en jean, la taille fine, et est blonde comme une cigarette. Son sourire est affiché comme une publicité, mais son allure et sa façon de servir les vieux ours du coin, démontre un caractère trempé. Lire la suite

Voyage au pays des merveilles! (BOLIVIE)

Une immense étendue presque infinie s’offre à nous. Se dressent, imperturbables, de majestueux sommets volcaniques recouverts d’un doux manteau neigeux qui peine à persister face aux violentes attaques incessantes du soleil. Que dire, que faire, dans cette immensité que l’Homme ne peut pénétrer que timidement ? Tantôt assis dans le 4X4 qui se frais un chemin dans ce décor fantastique qui soutire toutes les expressions que nous connaissons, tantôt stoïque devant un spectacle qui n’a pas sa place dans notre imaginaire. En effet, plus un mot ne s’échappe de nos bouches béantes. Seul ce sentiment d’être au pays des merveilles dans un lieu de paysages figés méprisant le temps et les attaques de l’homme. A plus de 4000m le Sud Lipez rit de nous voir défiler dans nos 4X4.

Les volcans surplombent la laguna Blanco, Verde, Colorado ou autres. Les flamants roses nous ignorent et font leur vie à ces altitudes hors du commun pour ces drôles d’oiseaux au long bec. Les sommets aux napperons blancs se reflètent parfaitement dans les eaux cristallines des lagunas. Et nous, nous admirons sans savoir quoi penser ni faire de ce qui s’offre à nous. Quelques photos pour immortaliser cette beauté, mais surtout de longs moments de contemplation qui n’ont d’égale que la sérénité du lieu.

L’immensité presque infinie du Sud Lipez est pourtant épargnée de la monotonie grâce à un visage maquillé de toutes les couleurs et à une parure étincelante aux mille éclats qui se changent sans cesse nous dévoilant de nouveaux présages. Des rêves, des contes sans mots, sans parole en l’air. A cet instant même, alors que j’écris ces mots je ne sais quoi décrire ni même exprimer. Le calme, la nature, presque le vide. Un vide comblé de l’amour et de la beauté d’une création artistique isolée de tout contexte et de tout jugement. La terreur , la violence et la dureté de ce qui a façonné ces terres à pourtant enfanter ce monde fantastique qui aujourd’hui attire tous les voyageurs de passage sur cette terre incroyable et unique qu’est la Bolivie.

Alors que nous sommes déjà comblés au plus profond de nous, que nous avons admiré des eaux aussi brillantes que du cristal, d’autre aussi verte que de l’herbe, rouge que du sang, traversé des déserts, des coulées de laves cristallisées, des formations rocheuses plus qu’étonnantes, roulé à près de 5000m, marché entre les fumées des geysers, s’être baigné dans de l’eau à 35° à 4300m, le plus spectaculaire se dévoile à nous : Le Salar d’Uyuni !

Une étendue majestueuse et éclatante d’un blanc renversant contrastant intensément le bleu profond du ciel nous prouve que notre imagination est encore loin de ce que toute réalité peut être.

Nous sommes bel et biens à 3700m en train de fouler le plus grand désert de sel du monde. Le soleil que nous avons vu se coucher et se lever sur ce royaume blanc est responsable de l’évaporation de l’eau de mer restée emprisonnée entre les volcans environnants créant ce désert vertigineux qui nous laisse sans voix.

Trois jours au pays des merveilles nous laissent sur un nuage. C’est l’arrivée à Uyuni qui nous remet les pieds sur terre lorsque sortis de ce paradis nous constatons les milliers de déchets plastiques emportés par le vent et retenus désormais par les broussailles épineuses. Un paysage saccagé par l’Homme qui me rappelle ceux du Niger.

Puis Uyuni balayé par un vent sec nous plonge directement dans une autre réalité : celle de la pauvreté de la Bolivie. Une Bolivie qui au premier coup d’œil sait vous avertir que vous n’êtes plus en Argentine ou au Chili. Ici, peu importe ce que c’est, c’est différent. Aussi vite que vous êtes averti, vous êtes accueilli. J’ai entendu beaucoup de mauvaises langues critiquer les Boliviens et leur froideur et leur manque d’intérêt pour les touristes. Que cherchent-ils ces touristes ? Qu’on leur lèche les bottes dès qu’ils arrivent ? Sachons sourire, les Boliviens le font très bien, sans hypocrisie, et leur accueil ne me donne pas du tout envie de partir.

Julien

Une route au paradis (Argentine – Chili)

Les Hommes veulent imaginer un paradis, un lieu où tout serait beau et parfait. Alors ils espèrent, ils croient, ils imaginent ce monde après la mort terrestre. Ont-ils les yeux ouverts ? Ne voient-ils pas autour d’eux la perfection de la nature, la perfection de ce qui est la Vie ? Ce que l’Homme en fait, ne regarde que lui. La création lui a déjà offert le paradis. Pourquoi l’espérer alors qu’il est sous ses yeux ? Lui offrir un autre monde avant ou après sa mort, lui enlèveraient-ils sa stupidité à vouloir  plus, à vouloir mieux, à vouloir ce qu’il n’a pas ? Un paradis avant ou après la mort ne reste qu’un lieu. Un lieu enlève-t-il la souffrance ? C’est à l’Homme de créer en lui et autour de lui son paradis. Mais si nous parlons de lieu, assurément, ici et là sur la planète le paradis se dessine devant nos yeux fermés.

Une route traverse un de ces paradis. Elle part de Purmamarca dans le nord de l’Argentine et rejoint San Pedro d’Atacama au nord du Chili. Sillonnant les montagnes multicolores elle nous conduit près du ciel qui reste dans l’imaginaire de l’Homme le paradis. A plus de 4000m elle traverse Salar (désert de sel), vallées aux couleurs enchanteresses,  elle  se laisse aller dans des plateaux grandioses entre volcans et sommets qui culminent  à plus de 5000m. Elle nous émeu sans rien vous demander, nous laissant sans mot, collés au carreau aussi émerveillé qu’un enfant à Noel. Des paysages qu’on a du mal à trouver réelles. Lorsqu’on pense avoir tout vu, Pachamama nous en remet une dose avec de nouvelles couleurs, de nouvelles étendues sauvages, que l’Homme ne s’est permis, pour une fois, que d’admirer. Durant 6h nous voyageons au paradis sans penser, juste en admirant ce que le temps, ce que la nature a su sculpter. Un temps que nous réduisons à néant, nous qui souvent en manquons, lorsque notre cupidité nous pousse à souiller ces paradis qui nous entourent.

Julien

(désolé, aucune photo de la route en question. J’étais trop occupé à savourer…)

Aventure dans les Balkans: Episode 1 (SERBIA)


SERBIA

Après 17 heures de route nous arrivons enfin à Belgrade en Serbie. Nous constatons rapidement qu’ici le temps semble s’être arrêté. A quelle époque ? Difficiles à dire pour nous qui sommes nés au milieu des années 80 ! Mais il y a comme une image dans notre esprit de ce que pouvait être le monde de l’autre côté du mur avant sa chute de 89.

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Casse-Tête Burkinabé!


Au-delà des paysages, au -delà des cultures, au-delà des sourires et de la joie de vivre,  y a quelque chose de fascinant en Afrique. Chaque voyageur qui pose son sac sur ce continent s’y retrouve confronté rapidement. Je vous parle des leçons de vie que l’on prend à chaque instant! A chaque discussion, à chaque pas, à chaque coin de rue ou de brousse une leçon de vie nous attend dans la bouche d’un enfant, d’un vieillard, ou devant une scène du quotidien, un exemple d’humilité, de débrouillardise.

En Afrique, rien ne semble impossible et le désespoir n’a pas de place. On galère mais on vit toujours. La population, souvent démunie matériellement, a bien comprit qu’il y a, lorsqu’on le veut vraiment, plus de solutions que de problèmes. Alors on ne s’acharne plus sur la vie ou le destin, mais on la vit et le prend en main.

Cette photo prise à la volé au Burkina Faso illustre bien cet état d’esprit. Le casse tête burkinabé :

Comment mettre 4 vaches sur le toit d’une fourgonnette ?

Vous avez 4 vaches à Bobo Dioulasso, vous devez les emmener à Ouagadougou soit à 356 km. Malheureusement vous ne disposez ni de remorque ni de camion à bovin. Et comble du tout vous n’avez que la journée pour les y emmener.

Comment faites-vous ?

Impossible ?!

Pas pour un burkinabé qui se rendra – simplement – à la gare routière, prendra a taxi-brousse (genre petite fourgonnette) et avec l’aide du chauffeur, des passagers, et de quelques tours de passe-passe réussira à faire monter sur le toit 4 belles vaches qui arriveront le soir même à Ouagadougou !

« Soyons Réaliste, Exigeons l’Impossible ! » Ernesto Guevara

Savoie-Cotonou en Renault Master!

Juillet, août, septembre 2010, ma compagne Nina et moi même, avons rejoind le Bénin depuis la Savoie dans un renault Master de 1984! Bien aménagé en chalet savoyard! Quoi vous en douté?

J’avoue, nous ne sommes pas vraiment photographes et malheureusement nous n’avons pas encore pris l’habitude de sortir l’appareil photo fréquemment ou encore de se le trimbaler partout… Mais ça viendra ne vous en faites pas.

En attendant quelques récits de cette aventure voici un petit diaporama de nos quelques photos…