Podcast chez Voyagecast

L’hiver est là et emporte mon temps, entre le ski, Globetrotte 4 Peace, Le voyage et l’école, la Villa du Grand Bivouac, et  projet de reportage, le blog n’est pas très actif!

Voici un petit billet pour partager un podcast sur le voyage bien-sur!

En novembre dernier, alors que le froid venait en rafale balayer les massifs de Savoie, quelques semaines après le Grand Bivouac (festival du voyage et des découvertes partagées – Albertville), j’ai eu le plaisir d’enregistrer un podcast avec Jonathan Maitrot de Voyagecast. On y parle  philosophie de voyage, sa transmission, Globetrotte 4 Peace, révolte et engagement… quelques réflexions en freestyle! Comme toujours, sans cadre, dans le désordre, comme ça vient…

Jonathan Maitrot, de sa voix calme et posée, sait mener ses podcasts et nous emmener avec lui, en voyage, grâce à l’intimité du son. Je vous invite à découvrir son site.

Bonne écoute!

Frisco: La ville de la baie [1/2]

           C’est de la baie de San Francisco, que Buck fut arraché à sa vie sédentaire et conduit vers l’aventure du grand nord, de la ruée vers l’or du Klondike. Souvenir de Jack London né le 12 janvier 1876 à San Francisco, lui qui a inspiré tant d’Hommes à entendre l’appel du sauvage, de l’instinct, et qui conta mieux que personne la ruée vers l’or et l’aventure du cœur de certains hommes. Car en effet, c’est cette ruée vers l’or et la peuplade d’aventuriers en blue-jean Levi’ Strauss  qui bâtirent San Francisco. La ville était le terminus du fameux chemin de fer transcontinental qui accéléra l’enfermement des milliers d’Indiens des plaines dans leurs réserves respectives. La conquête de l’ouest dorénavant accessible à tous. A une traînée de fumée, à quelques pelletées de charbon ardent, et l’avenir avait la saveur de l’espoir. Tout au bout, en équilibre entre terre et océan, San Francisco. Lire la suite

S’alléger en Voyage

« Le voyageur sait bien que si la route aide à s’alléger de tous ses biens, elle ne débarrasse pas de ses maux. » écrit Sylvain Tesson dans son Petit traité sur l’immensité du monde. Plus d’une fois je fus d’accord, en croisant sur la route les routards consommateurs d’exotisme, friands d’aventures « authentiques », et de preuves de leurs pérégrinations. Pourtant je mentirais si je disais que le voyage  ne m’avait pas permis d’évoluer intérieurement.  Alors parfois je veux croire que la route ouvre le cœur des Hommes. Il en a besoin – qu’il parte ! – qu’il s’allège de son superflu, qu’il s’allège de ses pensées, qu’il vive léger. Qu’il libère son cœur du poids qui l’écrase et l’étouffe. Sur la route j’ose croire qu’il  le verra s’ouvrir. Ô il s’ouvrira lorsque sa peau de chair sentira la brise le caresser, que ses yeux contempleront le coucher du soleil puis, la nuit, les étoiles, qu’il entendra le murmure des oiseaux, humera les saveurs des forêts. Oui ils s’ouvrira lorsqu’il écoutera l’Autre, tentera de le comprendre, lui et le monde. Ô il s’ouvrira face au soleil levant, face aux regards de l’enfant, face au sourire de la vie. Lire la suite

Aux Hommes Libres

AlcatrazIci, au-dessus du Golden Bridge, de nouveaux voiliers font la sérénade, dans un sens et dans l’autre sur l’ombre du pont. Je scrute un de ces cailloux mystérieux qui jaillit des eaux en tache d’argent. Il porte sur son dos Alcatraz, prison tristement célèbre. A quelques kilomètres des terres, au milieu de la baie, l’emblème de l’enfermement, le fantôme des prisonniers, sort de l’eau comme une brume qui ne peut se dissiper. Je songe alors à ces prisonniers, d’Alcatraz ou de la Santé, de Thaïlande ou de Lomé, les Hommes mis en cage, criminels ou non, bloqués entre les murs de l’irrationnel humain, protégeant dans leur agonie, la société. Loin de nos yeux et de nos cœurs, dans nos normes bien faites, dans nos doctrines aux normes parfaites, le prisonnier est à l’abri de notre conscience. Il a bravé la règle, qui juste ou non est juge et bride de l’Homme. Il se meurt dans la crasse, à l’abri des regards, avec ceux de sa race de damnés, de barrés, de lépreux du système qui les a enfantés. En ce pays où je me trouve, première démocratie du monde, moraliste et moralisatrice, la peine de mort est d’usage. On préfère en finir avec le cancer que de le laisser agoniser dans la souffrance de la cage fermée. Parce que le juste est souvent juge.

« Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » s’exclama Jésus devant la foule enragée qui s’apprêtait à lapider Marie Madeleine. Peuple du monde, je jouis de te voir ainsi parfait, toi qui sans pardon jettes la flamme du diable au nom de la liberté à sauvegarder, et pis encore de la justice que tu oses parfois nommer « divine ».

Mais quelle liberté ? Celle de se mouvoir dans nos illusions ? Celle du confort des biens matériels ? Cette vie soigné, sécurisé, aseptisé, but ultime d’une vie réussie dans cet univers de paraître et de paillettes ? Ce monde qui blâme le vagabond, l’ermite, le sauvage qui va hors la loi à la conquête des espaces sans traces ? Celui qui voit le fou comme un sage et le sage comme un fou ? Celui qui opprime et hais l’homme des bois, le nomade des steppes ? Celui qui crée des guerres pour la paix, vend des armes pour s’enrichir, massacre les « non civilisés », pille des régions du monde, condamne des peuples, et rédige les droits de l’Homme jugeant ceux qui ne les respectent pas ? Lire la suite

SOURIRE DU CONGO

Sourire du Congo

Le quartier n’a ni eau courante, ni électricité, ni hôpital, ni école… les cicatrices de la guerre sont omniprésentes – dans les habitudes, les réflexes vifs, les souvenirs – et pourtant il est là – Précieux – lui et tant d’autres, et son sourire radieux, son rire sincère et profond, et ses yeux, oh! ses yeux qui pleurent de joie!

Il est là Précieux,  et il éclabousse le monde de sa simplicité, de son bonheur intemporel, de cet instant de grâce qui défie toutes les médiocrités des hommes.

Ils sont là, les joyaux du Congo, dans ces rires éclatants!

Julien Masson

GRAND BIVOUAC 2013

TOUS AU GRAND BIVOUAC!

Je vous invite à venir découvrir – si vous ne connaissez pas encore – le Grand Bivouac!

C’est quoi au juste?

  • du 17 au 20 octobre c’est un festival, la 12ème édition, qui compte chaque année 30 000 entrées. Mais c’est surtout trois jours d’échanges, de rencontres, de bonne ambiance avec pas moins de 110 rendez-vous: conférences, projections, débats, expositions, village voyage découverte, animations et concerts. En gros, c’est du Partage Voyage!
  • Toute l’année, c’est bien plus qu’un festival, c’est des interventions dans les écoles, des projets, des expositions, des conférences, et à partir de 2014, c’est la première université populaire du voyage et l’ouverture de la Villa Marco Polo (formation et accompagnement de voyageurs).

Le Grand Bivouac est un festival, qui grâce aux fondateurs, à l’équipe de salariés, aux bénévoles et bien sur à tous les festivaliers, est devenue Le festival référence du voyage et surtout, bien plus qu’un festival, un événement annuel qui perdure tout au long de l’année.

Cette année, l’association Globetrotte 4 Peace, tiendra un stand dans la cour du Lycée Jean Moulin avec les premiers pas de l’aventure afin de partager, d’échanger et de vous parler de nos projets! Le vendredi, nous recevrons des écoles de la région, mais, dès le samedi nous vous convions à nous rejoindre pour une partie d’Awalé, pour regarder quelques photos de voyages et surtout pour discuter et échanger. Parce que le Voyage c’est le Partage!

Surtout, n’hésitez pas à vous rendre à Albertville du 17 au 20 octobre, parce que ça va être bon! 🙂

Pour découvrir le programme du Grand Bivouac c’est ici

Rendez-vous au Grand Bivouac!

site internet: http://www.grandbivouac.com/

affiche-grand-bivouac-2013-L

La côte nord de Californie

Assis, les pieds dans une terre rouge issue de la roche des nombreuses collines environnantes, je laisse mon esprit planer comme le faucon, qui à quelques pieds, flotte dans l’air qui le soulève au-dessus du Golden Bridge. Ce fameux pont, couleur âpre, rouge sang rouillé, orange internationale dit-on officiellement, traverse avec ingéniosité l’estuaire de la baie de San Francisco qui s’ouvre sur le grand Pacifique. Ce pont suspendu, aux larges structures, reconnu ouvrage d’art utile (devons-nous comprendre que certains, peut-être plus émotif ou sensitif, ne le sont pas ?) pourrait paraître bien disgracieux en d’autres circonstances, mais n’est-il pas ici, la porte de la ville mythique de San Francisco, la cristallisation des rêves de tant de gens ? Il prend là toute sa grâce, relient la ville magique aux collines vêtues d’un maquis fourni en papillons et oiseaux de toutes sortes, enivrant les promeneurs d’une myriade d’odeurs, tantôt d’un vert sombre ou strict, tantôt de l’or des pailles qui brillent au soleil californien. Sous la symphonie des oiseaux et la brise de l’océan qui lape mon visage, j’ai ce pont et cette ville sous mes pieds, et je ne m’en lasse point. Un voilier franchit, sur le dos de l’estuaire qui scintille d’un bleu acier, l’ombre du pont suspendu. Je pensais qu’il n’y avait pas meilleure façon d’enter dans la ville qu’en empruntant en voiture cette voie singulière et historique. Mais, en admirant le foc prendre la poupe et franchir dans un plein silence, sous le vacarme des voitures, la porte de la ville, je ne doute pas que la magie de cet instant éclipse la lourdeur du véhicule motorisé.

"Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon."

« Cette route côtière se tourmente sans cesse afin de suivre, le plus sincèrement possible, le littoral déchiqueté par la puissance de Poséidon. »

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La larme d’asphalte

Tel un fin turban ou un mètre de couturier, la route est déroulée sur la moquette des aiguilliers. Là où nul droit ne devrait avoir notre civilisation, la lame de goudron, s’étend comme la larme de l’esprit d’Orego. Comme ce bitume pesant qui, aux quatre coins du globe, s’arrache les derniers bastions de sauvage, du « wild », de la contré non explorable mais à explorer, le royaume perdu, celui que l’aventurier recherche par goût de l’inconnu, de l’existence propre à l’espace et à l’expression du temps laissé à lui-même. Maupassant s’en plaignait déjà en son temps en écrivant dans sa chronique « Au pays des roses » :

« Elles sont rares aujourd’hui, les contrées inexplorées et désertes, surtout quand on ne veut point sortir de France ». Lire la suite

Le souffle d’une recontre

"le souffle d'une rencontre" - Seattle

« le souffle d’une rencontre » – Seattle

Le saloon est bâti comme les chalets canadiens, en rondin de bois croisés, comme les jeux de constructions de notre enfance. Aucun placo ou lambris artificiel n’est venu polir le naturel du sapin. Un long bar le coupe. Quelques manches à pression en sortent. Un gros barbu en salopette y est accoudé et se tourne la nuque chaque fois qu’elle passe dans son dos. Elle, a un mini short en jean, la taille fine, et est blonde comme une cigarette. Son sourire est affiché comme une publicité, mais son allure et sa façon de servir les vieux ours du coin, démontre un caractère trempé. Lire la suite

L’aimant des villes

La tradition scrute la modernité - La Paz (Bolivie)

La tradition scrute la modernité – La Paz (Bolivie)

Perché dans les airs, profanant le royaume des êtres à plumes, dans un de ces oiseaux de fer qui polluent l’atmosphère et sa légèreté, je survol l’Amérique des grandes plaines. Souvent, les Etats-Unis, dans nos idées atrophiées, ce sont les grandes villes. Ce qui m’amène ici c’est tout le contraire. Ce sont les grands espaces que le vieux continent, depuis trop longtemps peuplé par l’Homme blanc, son ambition ravageuse, sa curiosité mal placée et son orgueil démesuré, n’ont pas sus préserver. Ces grandes plaines qui sont synonymes mêmes de la liberté. Là où ont couru Sitting Bull et Crazy Horse, là où des nuées de Bisons détallaient librement avant que le visage pâle, en quatre siècles, réduisit leur nombre de plus de 50 000 000 à 750 ! Ces plaines qui se confondent avec le ciel, défiant l’horizon, concrétisant la notion étrangère à notre esprit, d’infinité, de la non-limite, de l’expantion éternelle. Perché là-haut, où devrait être l’aigle et non l’Homme, je rêve de courir comme un Sioux, dans les herbes de la plaine. Lire la suite

La tête de la pieuvre

Ce parc gigantesque (Central Park), faussement naturel, poumon artificiel des citadins New-Yorkais, s’étale dans Manhattan, séparant Harlem et le Bronx du sud de la ville. Là-bas où brille Time square, Chelsea, Broadway, et le nouveau World Trade Center. Les rues sont larges, mais la hauteur invraisemblable des bâtiments, donne au tout, un aspect encaissé. A l’ombre des tours, la fourmilière grouille, chacun s’active à sa tache, à son rôle, au bon déroulement du système. Lorsque midi approche, les vendeurs de donuts laissent place à ceux de hot dog, et toujours dans la même frénésie, chacun se ravitaille sans perdre de temps, dans les fast-foods, les pizzas sur le pouce, les tacos ou les sandwichs orientaux dégoulinants de sauce.

Au pied du nouveau World Trade Center, on s’imagine la chute des jumelles qui le précédaient. C’est tout un symbole qui fut frappé ce tragique premier jour – selon le calendrier copte (premier calendrier Chrétien) – du 3ème millénaire. Nous sommes les jeunes de cette génération. Celle de la cristallisation du nouvel ordre mondial. De la dictature mondiale du marché, de l’économie, de la pensée. Ce fut le point zéro. Parce que l’histoire a besoin de dates, l’Homme de chronologie, de repère dans le temps qui s’évade. Chacun des jeunes de ma génération se souviendra du 11 septembre 2001. Du crie sourd de la peur. La peur, de la terreur qui s’immisce dans la peau, franchissant les seuils de nos chaumières par la boîte à image, par les ondes des radios et de l’internet. La division, le règne sur le troupeau de bêtes. Lire la suite

Le chant d’Harlem

Browstones de Harlem - Série de maisons en grès rouge, identiques, construites au XIX siècle. Browstones de Harlem – Série de maisons en grès rouge, identiques, construites au XIX siècle.

Sur la 125ème, entre vendeurs Portoricains de donuts, et vendeurs noirs à la sauvette, quelques camés finissent leur nuit d’épaves échouées sur les trottoirs d’Harlem où naviguent des sachets plastiques balayés par les vents printaniers. A deux carrés, une église nous accueille pour le sermon du dimanche. Les chœurs gospels emplissent les âmes vides et emportent les âmes pleines. Voilà une démonstration d’amour qui s’échappe des Hommes, une étincelle divine qui transite par une trachée pour éclabousser la foule de l’énergie de la vie. Et les paroles de Louis Armstrong prennent là tout leur sens :

« Ce que nous jouons, c’est la vie ! » Lire la suite